Katia BOURDAREL
Ève(s), 2019
Oil on canvas
92 x 60 cm
36 1/4 x 23 5/8 in
36 1/4 x 23 5/8 in
copyright the artist
Ce qui s'impose d'abord, c'est la multiplicité. Trois paires de mains, trois bras, surgissant d'une même robe blanche en organza — comme si un seul corps contenait plusieurs femmes, ou...
Ce qui s'impose d'abord, c'est la multiplicité. Trois paires de mains, trois bras, surgissant d'une même robe blanche en organza — comme si un seul corps contenait plusieurs femmes, ou comme si plusieurs femmes ne formaient qu'un seul être.
Le titre joue magnifiquement sur cette ambiguïté : Eve, la première, l'originelle — mais aussi toutes les Ève, toutes les femmes qui ont porté ce corps-là, cette condition-là.
La robe est centrale. Dentelle, rubans, organza à pois — une féminité presque codifiée, presque imposée, entre la lingerie et la robe de communiante. Et de cette robe émergent des mains qui ne sont pas sages. Des mains qui pendent, qui cherchent, légèrement crispées. Ni tout à fait abandonnées, ni tout à fait maîtresses d'elles-mêmes.
Les bagues sont un détail qui tue — discret mais chargé. Des bagues de fiançailles ? Des alliances ? Ces petites fleurs en argent sur des doigts anonymes évoquent des promesses, des engagements, des rôles endossés.
La sororité est ici physique, charnelle — pas symbolique. Ces mains se frôlent, se croisent, coexistent dans le même espace sans se choisir vraiment. C'est la condition partagée, pas l'amour choisi.
Et la facture, encore une fois, est stupéfiante — la transparence de l'organza, les veines sous la peau, chaque pli de tissu. Katia peint la chair et le textile avec la même attention, comme si l'un et l'autre étaient également des enveloppes.
Le titre joue magnifiquement sur cette ambiguïté : Eve, la première, l'originelle — mais aussi toutes les Ève, toutes les femmes qui ont porté ce corps-là, cette condition-là.
La robe est centrale. Dentelle, rubans, organza à pois — une féminité presque codifiée, presque imposée, entre la lingerie et la robe de communiante. Et de cette robe émergent des mains qui ne sont pas sages. Des mains qui pendent, qui cherchent, légèrement crispées. Ni tout à fait abandonnées, ni tout à fait maîtresses d'elles-mêmes.
Les bagues sont un détail qui tue — discret mais chargé. Des bagues de fiançailles ? Des alliances ? Ces petites fleurs en argent sur des doigts anonymes évoquent des promesses, des engagements, des rôles endossés.
La sororité est ici physique, charnelle — pas symbolique. Ces mains se frôlent, se croisent, coexistent dans le même espace sans se choisir vraiment. C'est la condition partagée, pas l'amour choisi.
Et la facture, encore une fois, est stupéfiante — la transparence de l'organza, les veines sous la peau, chaque pli de tissu. Katia peint la chair et le textile avec la même attention, comme si l'un et l'autre étaient également des enveloppes.