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Cest lheure de jouer, et le ton est donné par Jans Muskee qui accueille le visiteur avec une grande composition, Hanging in the air (2004) : vêtus en costume-cravate, ces trois personnages suspendus dans les airs, au milieu dun parking clin dil à lhyperréalisme historique ? , évoquent furieusement une pochette de disque. Le rapport à la musique est par ailleurs clairement explicité dans une série de nus féminins auxquels sont jointes les paroles de chansons de Joe Jackson : sagirait-il dun pur hasard ? Ailleurs, lartiste recycle des images de magazines, tout comme Michael Van den Besselaar sinspire de liconographie publicitaire des golden sixties ; si Waterskiing se contente dévoquer les années Beach Boys, le message de la série His Masters Voice jeunes femmes posant devant un électrophone dernier cri nest pas dénué dambiguïté, comme lindiquent les sous-titres The frivolic years of the Cold War. Till Rabus ne sencombre guère de ces considérations : ses compositions délirantes évoquent des photos de vacances surimposées les unes aux autres, les vues de plages se mélangeant aux images sous-marines. Liconographie développée par son frère Léopold Rabus est autrement inquiétante, mais suscite davantage linterrogation et la réflexion. Au fil de ses compositions, il développe un monde peuplé de personnages difformes, drôles et tragiques, où lévocation de lenfance est contaminée par détranges émanations vénéneuses. Istvan Nyari joue, lui aussi, à donner du mariage de ses parents (Ten Years Before They Divorce) une image macabre où The Texas Chainsaw Massacre occupe la place centrale. Face à cette débauche de signes et de sous-entendus, la spontanéité dun Moke qui ne manque jamais dajouter «peintre» à sa signature , est plutôt rafraîchissante. De même, si Nono Bandera joue lui aussi de la décontextualisation, juxtaposant des éléments issus de sources très diverses, ses compositions évoquent une forme de mythologie populaire, où lhumour lemporte sur le morbide. Les personnages et animaux mis en scène par M-H Vander Eecken participent également dun registre tragi-comique : voir notamment ce prisonnier dAbou Ghraib (qui décidément na pas fini dinspirer les artistes
), sautant à la corde avec le câble électrique destiné à la terroriser. La technique dEric White lui permet de jouer de lambiguïté entre hyperréalisme et photographie, tandis que David Nicholson saffirme au contraire comme peintre à part entière : Bridget, star du porno consacré aux personnes de petite taille, sinscrit dans la logique dune iconographie où le sexe aussi trash soit-il , saccommode dévocations quasi bucoliques (The Guitar Player). La nature est par contre bien au centre des compositions de Serse bien que son Paesaggio Adottivo devienne presque intangible à force de dextérité , ou de létude florale de Stéphane Balleux. De son côté, G-Brecht ne représente le paysage (aquatique ou extra-terrestre) quà travers les vitres dun cockpit, point de rencontre entre nature et technologie, tandis que David Russon ôte de la composition tous les éléments extérieurs aux personnages : figés dans une activité des plus banales, ils semblent pourtant étrangement situés hors du temps. Le jeu sur la confrontation entre image et langage se retrouve tant chez Jacques Monory que Jimi Dams, mais surtout dans les planches de Eudes Menichetti, portées par lesprit de lEncyclopédie. Les étranges vidéos de Joanneke Meester personnages de chiffons pourtant bien vivants, sans le moindre organe sensoriel , ramènent les activités humaines à des simples gesticulations dépourvues de sens. Les images de Linda van Boven, comme volées au quotidien, sinscrivent dans la même logique.
November 18 2005 > January 7 2006
Wednesday-Saturday 2-6 pm or by appointment
Preview November 17 2005 18.00 > 21.00
SPECIAL THANKS TO PIPER-HEIDSIECK | BADOIT | MIGS WORLD WINES | BERNARD WEBER

for further information contact Jerome Jacobs
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